Ma conviction

« Pour innover pour le monde futur, stratégie, créativité et culture doivent marcher de concert »

ADN de l’innovateur : brique 1 sur 5 !

Pourquoi certaines entreprises sont plus innovantes que d’autres ? Doit on être soi même ultra-créatif pour rendre l’innovation plus vive au sein de son organisation ? Est-il possible d’améliorer sa propre capacité créative ? Découvrons ensemble les réponses à ces questions au travers de 5 articles spécifiques sur l’ADN de l’innovateur ! Aujourd’hui, celui consacré au code « questionnement ».

La différence entre les entreprises novatrices et celles qui sont moins dynamiques tient pour beaucoup à l’implication du CEO dans l’innovation.

La plupart des dirigeants se fixent pour mission de faciliter l’innovation au sein de leur organisation mais ils ne s’y impliquent pas directement. A contrario, les leaders des organisations innovantes s’y immergent personnellement et passent 2 fois plus de temps que leurs homologues « corporate» dans des explorations tous azimut. Pourquoi une telle différence ? Manque d’intérêt pour certains ? Passion pour d’autres ? Nous pensons que certains CEO aussi bien que nombre d’autres collaborateurs se limitent eux même, en raison de quelques idées reçues.

Idée reçue 1 : les innovateurs sont ultra-créatifs

Il est courant de penser que la créativité -moteur de l’esprit innovateur- est l’apanage des cerveaux droits. Donc créativité et réussite business semblent des alliances peu naturelles  C’est sans doute pour cela que les performances économiques des célébrités innovantes nous fascine : Jeff Bezos (Amazon) , Pierre Omidyar (Ebay), Marc Zuckenberg (Facebook),  Ag Laffley (P&G), Xavier Niel (Free), Steve Jobs (Apple). Comment font ils ? Leur créativité est en lien direct avec leur hérédité génétique ! Ils sont forcément dotés d’un ADN particulier !

Idée reçue 2 : je ne suis pas créatif

Si nous nous définissons et si nous sommes reconnus en tant que  « cerveau gauche », nous nous sentons très démunis face aux aptitudes créatives qu’exige la conduite de l’innovation. Il parait impossible de réussir cette association originale du cerveau droit et du cerveau gauche, qui semble construire les succès des leaders contemporains. En conséquence de quoi, la conclusion s’impose d’elle même : déléguons l’innovation aux plus créatifs que soi !

Jeffrey H Dyer, Clayton M Christensen et Hal Gregersen, enseignants chercheurs américains émérites, auteurs et entrepreneurs, battent en brèche ce postulat. Leurs travaux établissent clairement que la pensée créative ne vient seulement que pour 30 % de la génétique. Les 70 % restant proviennent de l’apprentissage.

Chacun a l’opportunité d’acquérir un bon capital innovation par l’apprentissage.

Il est possible d’améliorer sa propre capacité innovante en acquérant 5 aptitudes fondamentales ! Les collaborateurs peuvent ainsi  devenir également  plus innovants ! Découvrons ensemble la première brique constitutive de cet ADN de l’innovateur : le questionnement.

Brique 1 : le questionnement

Peter Drucker écrit largement sur l’importance du questionnement dans les processus de pensée créative.

« Le travail important et difficile n’est pas de trouver la bonne réponse, c’est de trouver la bonne question ». Peter Drucker

De nombreux témoignages attestent du fait que les innovateurs posent des questions tout le temps. Avec une propension à challenger en permanence les idées reçues. Ainsi celui de l’ancienne CEO Meg Whitman, qui a travaillé avec de nombreux innovateurs entrepreneurs  en particulier avec les fondateurs de e Bay, Paypal et Skype.

«Les innovateurs dynamitent le status quo ; ils ne peuvent pas s’en empêcher. Ils passent un temps infini à réfléchir à la façon dont ils peuvent changer le monde. Ils élaborent en permanence des scenarii sur l’impact qu’aurait une nouvelle idée ». Meg Whitman

Michael Dell s’est par exemple interrogé sur la fixation du prix des ordinateurs. « Pourquoi un ordinateur coûte t’il 5 fois plus que la somme de ces parties ? » A partir de là, il n’a eu de cesse de créer un nouveau modèle business.

Acquérir le code du questionnement : 5 bonnes pratiques !

Renforcer son ADN d’innovateur par le questionnement s’appuie sur 5 bonnes pratiques. Elles visent à exercer le questionnement à bon escient .

Bonne pratique 1  : apprenez à vous poser les 3 questions W !

Elles sont très simples et doivent se succéder dans l’ordre suivant : «Why ?» «Why not ?» «What ?». Une fois que vous aurez répondu à chacune d’entre elles, vous découvrirez que les difficultés et les opportunités se révèlent sous un jour nouveau.

Marc Nenioff fondateur du logiciel Salesforce.com a réfléchi de cette manière en assistant à l’émergence d’Ebay et d’Amazon. « Pourquoi continuer à effectuer des chargements et des améliorations de logiciels selon des process historiques? » « Pourquoi ne pas imaginer autre chose ? » « Que peut nous apporter Internet ? » Ces 3 questions sont à l’origine de la création de Salesforce.com.

Bonne pratique 2 : amusez vous à jouer les avocats du diable !

Se demander ou demander à ses collaborateurs d’imaginer des alternatives différentes permet de faire émerger des insights réellement originaux. Vous améliorez de cette façon votre capital d’innovateur ainsi que celui de vos collaborateurs.

Le fondateur d’Ebay excelle dans cette pratique et la revendique comme une aide à l’innovation.

« Mon apprentissage s’enrichit avec la pratique du «  contre ». Quand j’énonce une idée, je la challenge immédiatement avec une idée strictement opposée. Celà pousse à apporter des justifications fortes. » Pierre Omidyar.

Bonne pratique 3 : adoptez un principe phare de Google ! Apprenez à apprécier les contraintes !

Les contraintes imposent le questionnement et stimulent la créativité. Certaines réunions stratégiques deviendraient des ateliers créatifs incomparables, si elles démarraient par la question suivante :

« Que ferions- nous si nous n’avions plus l’autorisation légale de vendre nos produits et services à nos clients ? Comment ferions nous du chiffre d’affaires l’année prochaine? »

En revanche, si les contraintes sont trop nombreuses, le champ des questions se réduit et votre créativité s’appauvrit. Il convient alors de sortir du cadre : identifier les contraintes prioritaires et ne garder que celles qui autorisent des questions ouvertes. Puis recadrer  en tout ou partie, au fur et à mesure de l’avancée du process créatif. C’est une technique très efficace. Je l’ai souvent utilisée en agence avec les équipes de designers.

Bonne pratique 4 : N’hésitez pas à reformuler une question en plus grand !

Faites comme Steve Jobs ou les ténors du design thinking ! Transformez une question rationnelle en interrogation visant à une vie meilleure !  Privilégiez le registre holistique ! Vous serez alors surpris par le nombre d’idées nouvelles qui naitront dans votre esprit.

Tim Brown, président du groupe Ideo, partage ainsi l’approche de Workplaces Future, une unité d’exploration du groupe Steelcase, dans son ouvrage sur le design thinking «L’Esprit Design».

Workplace Futures explore le domaine de la santé au sein de son programme Nurture, centré sur les environnements de soins. Les briefs étaient encore très rationnels il y a quelques années. Par exemple « Définir des installations confortables dans les salles d’attente », «Concevoir un système où conserver les effets personnels des patients ». Aujourd’hui, les briefs sont formulés sous forme de questions larges : «Comment pourrions –nous créer des zones d’intimité dans des lieux publics ? » ou «Comment pourrions-nous aménager l’espace de la salle de réveil, afin de concilier les diverses exigences des patients, des visiteurs et de l’équipe de soins ? ».

Bonne pratique 5 : Dresser régulièrement une liste de 10 questions qui remettent en cause le status quo de votre entreprise ou de votre industrie.

C’est un principe très efficace pour progresser personnellement en pensée innovante.

 

Revenons à l’essentiel : vous et votre entreprise ! Même si vous considérez que vous n’êtes pas un profil entrepreneur innovant, votre pensée créative peut être largement développée avec le questionnement. Il est simplement nécessaire de s’y entrainer tel un sportif. Pratiquer jusqu’à ce que le questionnement devienne une compétence acquise et presque naturelle. C’est la brique la plus importante du code génétique de l’innovateur. Vous avez besoin d’accompagnement pour progresser ou faire progresser vos collaborateurs en pensée créative ? Nous pouvons démarrer ensemble  l’acquisition de la brique 1  « le questionnement ».

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